Au tribunal pour un chien écrasé

Une nuit d’été 2014, «Mister Bones», un bichon frisé, avait été mortellement percuté devant son domicile d’Aumont (FR). Une juge devra trancher si l’animal était tenu en laisse.

La présence de hautes herbes sur le côté de la route à l’époque des faits constitue l’un des rares points sur lesquels les deux coaccusés s’accordent.

«C’est vraiment une histoire rocambolesque qui dure depuis deux ans: on perd du temps et de l’argent pour rien!» Gilles*, 41 ans, risque une peine pécuniaire avec sursis de 90 jours-amendes (convertible en 3 mois de prison), des frais de justice de 655 fr. et un retrait de permis de conduire de 3 mois. «Je suis chauffeur poids lourd: mon permis, c’est mon emploi!» poursuit ce père de famille broyard. Le mois dernier, cet automobiliste a été tenu de comparaître devant le Tribunal d’Estavayer (FR), au côté d’Yves*, l’ex-propriétaire d’un canidé. Ce brocanteur de 47 ans encourt pour sa part une condamnation pour contravention à la loi fribourgeoise sur la détention des chiens, assortie d’une amende de 200 fr., en plus des mêmes frais d’instruction que son coprévenu.

En cause: la mort de «Mister Bones», le bichon frisé blanc d’Yves, causée après un choc avec la Subaru Impreza de Gilles. À l’issue du procès dont la reprise d’audience a été fixée à lundi, la juge chargée du dossier aura la lourde tâche d’établir si le chien de 13 ans était ou non tenu en laisse. Et donc de retenir l’une ou l’autre des versions des faits soumises par le ministère public.

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«Encore heureux que j’aie une protection juridique parce qu’on en est à 20 000 ou 30 000 fr. de frais!» s’emporte le chauffeur poids lourd aux 80 000 km annuels. «C’est un truc de fous, c’est un chien que j’ai percuté, pas un enfant!» Les faits remontent à la nuit du samedi 9 au dimanche 10 août 2014, vers 3 h du matin. L’enquête pénale a établi que le conducteur rentrait à son domicile après avoir passé une fin de soirée avec des amis dans une boîte de nuit d’Estavayer. L’accident s’est produit après moins de 10 km de route, face au domicile d’Yves, à la sortie de la localité d’Aumont (commune des Montets). Pour le reste, les versions divergent.

«Mon mari aurait pu y rester», certifie l’épouse du brocanteur, qui était sortie de sa maison en pleurs la nuit du drame. «J’ai appelé le vétérinaire d’urgence, mais c’était trop tard: «Mister Bones» a perdu la vie dans son cabinet, à Estavayer… Sa valeur est inestimable!» Les propriétaires du bichon contestent catégoriquement les dires de l’automobiliste, qui affirme que le canidé aurait surgi des hautes herbes 10 mètres en amont d’un passage piéton, et que son maître ne se trouvait pas à ses côtés. «Notre chien avait besoin de sortir; on ne l’aurait jamais laissé aller seul dans le talus en habitant à côté d’une route cantonale», argumente la Fribourgeoise. «Mon conjoint attendait juste derrière les lignes du passage piéton pour pouvoir traverser la route quand ce chauffard est arrivé…» Dans ce cas de figure, Gilles aurait alors roulé à une distance insuffisante du bord de la route, ce qui constitue une violation grave des règles de la circulation.

Les témoignages de deux riverains pourraient être déterminants. (Le Matin)

Source : le matin.ch

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